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Journal Perspectives forêts

Dossier spécial :

Épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Une épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette est actuellement en cours dans la région du Bas-Saint-Laurent. Le Syndicat suit l’évolution des populations de la tordeuse de près au sein de la forêt privée.
 

Évolution de la situation

La Direction de la protection des forêts (DPF) du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) effectue annuellement un relevé aérien des dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE). Le relevé permet notamment d'évaluer l'étendue et l'intensité des dommages depuis le début de l'épidémie dans la région, en 2012. Le relevé permet aussi d'ajuster les stratégies d'aménagement et d'orienter les priorités de récolte des peuplements affectés.

Évolution des superficies défoliées

Suite à des défoliations très marginales de 2023 en termes de superficie et aux défoliations de très faible intensité répertoriées en 2022, une phase de recrudescence s’est amorcée en 2024 et s’est poursuivie en 2025. Au total, 31% de la superficie des petites forêts privées de la région a fait l’objet d’une défoliation soit un peu plus qu’en 2024 où le relevé avait détecté des dommages de la TBE sur 25% des surfaces. D’après le relevé aérien, l’intensité des dommages est généralement faible et la localisation des secteurs affectés est pratiquement la même que l’an dernier. Toujours en petite forêt privée, les superficies affectées se concentrent davantage dans la moitié ouest du territoire soit dans les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et des Basques. Dans l’est, la MRC de la Matapédia est aussi affectée, tandis que la Matanie, la Mitis et Rimouski-Neigette ne le sont pratiquement pas.

D’autre part, en forêt publique, la reprise de l’épidémie constatée en 2024 s’est aussi poursuivie en 2025. D’ordre général l’intensité des dommages semble un peu moindre comparativement à 2024, mais les surfaces affectées sont en augmentation. Comparativement à la forêt privée, la reprise de l’épidémie depuis 2024 en forêt publique a été plus prononcée tant en superficie qu’en intensité de dommages. Lorsque l’on constate les défoliations survenues dans les régions limitrophes à la nôtre, il apparaît clair que l’épidémie n’est pas résorbée.

Espérons que cette remontée des populations de TBE ne sera que de courte durée et d’une intensité plutôt légère afin que les peuplements affectés puissent passer à travers.

Rappelons aussi que d’importantes superficies sont admissibles à la protection par pulvérisation en forêt privée. Cet outil demeure important et déterminant pour maintenir en santé les peuplements résineux non matures où des investissements sylvicoles ont été réalisés.

Tableau 1. Progression des superficies (ha) affectées en forêt privée (petite forêt privée)

Année

Classe de défoliation

% du territoire affecté

Légère

Modérée

Grave

Total

2012

3 435

266

5

3 706

1%

2013

22 686

7 145

400

30 230

4%

2014

54 145

74 958

33 150

162 253

23%

2015

82 383

171 536

72 833

326 752

46%

2016

200 291

98 477

39 722

338 490

48%

2017

173 282

142 519

69 737

385 538

54%

2018

117 948

151 274

84 246

353 468

50%

2019

276 079

58 549

3 163

337 792

47%

2020

361 712

37 296

7 525

406 533

57%

2021

469 627

38 335

8 954

516 915

73%

2022

338 425

101

0

338 526

47%

2023

23 045

1 694

10

24 749

3%

2024

133 982

39 409

5 897

179 288

25%

2025

196 523

26 014

0

222 537

31%

La Direction de la protection des forêts (DPF) du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) effectue annuellement un relevé aérien des dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE). Le relevé permet notamment d'évaluer l'étendue et l'intensité des dommages depuis le début de l'épidémie dans la région, en 2012. Le relevé permet aussi d'ajuster les stratégies d'aménagement et d'orienter les priorités de récolte des peuplements affectés.

Progression des défoliations

À la suite des défoliations très marginales de 2023 en termes de superficie et à celles de très faible intensité répertoriées en 2022, la TBE semble en phase de recrudescence d’après les superficies affectées répertoriées en 2024. Au total, 25 % de la superficie des forêts privées de la région a fait l’objet d’une défoliation alors qu’en 2023, le relevé avait détecté des dommages de la TBE sur seulement 3 % de la superficie. D’autre part, en forêt publique, la reprise de l’épidémie cette année a été plus prononcée tant en superficie qu’en intensité de dommages comparativement à la forêt privée. Lorsque l’on constate les défoliations survenues dans les régions limitrophes à la nôtre, il apparaît clair que l’épidémie ne s’est pas résorbée. Les cartes disponibles dans le document préparé par la DPF (Aires infestées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Québec en (2024) sont éloquentes à cet égard. Ce document est facilement accessible sur le web si vous désirez visualiser ces cartes :

https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/maladies/RA_Aires_infesteesTBE_2024.pdf

Pour les secteurs de forêts privées affectés, les superficies se concentrent davantage dans la moitié ouest du territoire soit dans les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et des Basques. Est-ce que la recrudescence des populations sera aussi présente en 2025? Selon les observations des précédentes épidémies, le déroulement d’une épidémie de TBE n’est pas linéaire dans le temps. Il est commun d’observer une phase d’accalmie entre deux séquences où les dommages sont plus sévères. Il semblerait pour le moment que la présente épidémie se dessine selon ce patron. À cet égard, les suivis menés par l’Agence dans des plantations et peuplements naturels non matures montrent que les arbres affectés ont reconstitué une certaine partie de leurs aiguilles vertes au cours des dernières années alors que la TBE était peu présente.

L'accalmie est donc survenue à un moment où de nombreux peuplements affectés avaient encore la capacité de reprendre de la vigueur. Espérons que cette remontée des populations de TBE ne soit que de courte durée et d’une intensité plutôt légère afin que les peuplements affectés puissent passer à travers. Rappelons aussi que d’importantes superficies sont admissibles à la protection par pulvérisation en forêt privée. Cet outil demeure important et déterminant pour maintenir en santé les peuplements résineux non matures où des investissements sylvicoles ont été réalisés. D’autre part, afin d’estimer les populations de TBE pour la prochaine année, la DPF et la SOPFIM effectuent des relevés de populations de larves en dormance. Le résultat de ces relevés sera normalement connu vers le début de 2025. Cela permettra d’estimer la situation probable en 2025. L’Agence continue de suivre la situation de l’épidémie de TBE de près.

Par Martin Lepage, ing.f. Directeur des services forestiers à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent.

Enquête sur les producteurs forestiers au Québec - 2025