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Journal Perspectives forêts

Dossier spécial :

Épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Une épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette est actuellement en cours dans la région du Bas-Saint-Laurent. Le Syndicat suit l’évolution des populations de la tordeuse de près au sein de la forêt privée.
 

Évolution de la situation

La Direction de la protection des forêts du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) effectue  annuellement un relevé aérien des dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Le relevé permet notamment d’évaluer l’étendue et l’intensité des dommages depuis le début de l’épidémie dans la région, en 2012. Le relevé permet aussi d’ajuster les stratégies d’aménagement et d’orienter les priorités de récolte des peuplements affectés.

Progression des défoliations


Les superficies défoliées en 2020 en petite forêt privée ont augmenté significativement par rapport à l’an dernier. L’augmentation se situe essentiellement dans la portion ouest du territoire ce qui explique que les superficies affectées s’élèvent à environ 406 500 hectares par rapport à 337 800 hectares en 2019. Malgré cette augmentation de superficie brute, on observe tout comme l’an dernier, que la majeure partie des défoliations sont légères. D’ailleurs, la carte présentée plus bas montre les surfaces affectées sans distinction de la classe de défoliation puisque les secteurs ayant connus une défoliation modérée ou sévère ne représentent respectivement que 9% et 2% des surfaces affectées. Plus à l’est, en forêt publique et sur les grandes forêts privées de Dunière et du Faribault, les défoliations sont beaucoup plus sévères.


Progression des superficies (ha) affectées en petite forêt privée

Pour ceux qui désirent visionner la carte des défoliations observées, la SOPFIM diffuse l’information sur son site web à l’adresse suivante :
https://sopfimweb.sopfim.qc.ca/portail/apps/opsdashboard/index.html# c942db3111e944ba0a4dbe6a62fda4c

De plus, cette carte donne des indications sur les niveaux de population de larves de TBE qui sont actuellement en dormance sur les arbres. Cette carte est mise à jour au fur et à la mesure que les données sont disponibles. D’autre part, on constate que le portrait de l’épidémie est complètement différent dans la moitié Ouest de la région par rapport à la moitié Est de la région. Le graphique suivant montre cette situation. Pour la partie  Ouest (barres vertes dans le graphique), laquelle concerne les MRC de Kamouraska, Témiscouata, Rivière-du-Loup et des Basques, l’épidémie avait progressé rapidement en 2015, puis modérément en 2016 et en 2017, tandis qu’elle a été en forte diminution en 2018 et en 2019. Cependant, les observations de cette année dénotent une forte augmentation des superficies affectées lesquelles atteignent 97 000 hectares soit cinq fois plus qu’en 2019. Bien que la majorité des défoliations soient qualifiées de « légères », certains secteurs ont été affectés de façon plus sévère et répétée depuis
quelques années. Il est donc possible d’observer des arbres en mortalité imminente à quelques endroits de façon relativement isolée.

Pour la partie Est (barres grises dans le graphique), laquelle concerne les MRC de Rimouski-Neigette, Mitis, Matanie et Matapédia, l’épidémie a connu une progression très rapide entre 2013 et 2016 de sorte qu’une majeure partie de ce territoire a déjà fait l’objet de défoliations parfois sporadiques, mais souvent de façon répétée. Depuis 2015, c’est essentiellement les mêmes superficies qui sont affectées. Le niveau de défoliation annuelle a été variable dans le temps et dans l’espace. Cela fait en sorte que l’accumulation de dommages et l’état de santé des arbres l’est tout autant. Ainsi, une mortalité est observable depuis un certain temps dans les secteurs affectés sévèrement de façon récurrente, tandis que d’un ordre général, une majorité de peuplements n’est pas à risque à court terme (1-2 ans) compte tenu de la variabilité dans la défoliation annuelle et particulièrement par le fait que les défoliations relevées en 2019 et en 2020 sont essentiellement légères ce qui laisse la chance aux arbres modérément affectés de reconstituer une partie de leur feuillage.

Suivi des dommages causés par la TBE


On constate que maintenant environ 67% des petites forêts privées ont déjà fait l’objet d’au moins une défoliation depuis le début de cette épidémie. Heureusement, ces superficies ne sont pas toutes à dominance de résineux vulnérables à la TBE. Le niveau de détail disponible par les relevés aériens demeure relativement grossier et ne permet pas de distinguer les types de peuplements du haut des airs d’où l’importance de croiser l’information des superficies affectées avec les informations cartographiques sur les types de peuplements. Cette analyse cartographique a permis de dresser un portrait cumulatif des défoliations observées tout en précisant la nature des surfaces détectées au relevé aérien selon le type de peuplement. Cet exercice permet notamment d’identifier les secteurs plus à risque de perte de bois, les secteurs admissibles à la protection par pulvérisation, de même que les secteurs généralement non vulnérables. Ces informations sont transmises aux Conseillers forestiers pour les aider à cibler les efforts de récolte prioritaire et les secteurs admissibles à la protection. Ainsi, parmi l’ensemble des superficies identifiées comme étant affectées par la TBE au relevé aérien, on en retrouve :


• Environ 31% constitué de peuplements matures (50 ans et plus environ) dans lesquels il y a une proportion de sapin-épinettes située entre 25% et 100%. Il s’agit majoritairement de peuplements mixtes à dominance feuillue ou résineuse et, dans une moindre mesure, de peuplements de sapin-épinettes relativement purs. C’est dans cette catégorie de surface que les efforts de récolte doivent se concentrer.

• Environ 26% constitué de peuplements résineux ou mixtes dominés par les résineux, mais non matures (âgés entre 10 et 40 ans surtout) dans lesquels la proportion de sapin-épinettes y est supérieure à 50%. Une partie de ces peuplements fait déjà, ou pourrait éventuellement faire, l’objet de protection par arrosage aérien. L’option de récolter un peuplement non mature ne doit survenir qu’en cas de mortalité imminente d’une bonne proportion des arbres. À cet effet, les Conseillers forestiers accrédités par l’Agence ont été informés, à l’automne 2017, des conditions justifiant la récolte d’un peuplement non mature. Cette orientation a pour but d’éviter les pertes de bois et aussi d’éviter de sacrifier le potentiel de récolte futur de la forêt privée. Elle s’appuie sur les risques de mortalité d’un peuplement à court et moyen terme en lien avec le niveau de dommages observés et la vigueur des arbres.

• Environ 33% constitué de peuplements peu affectés (érablières et autres peuplements feuillus de tout âges, mixtes à feuillus jeunes, cédrière). Ces peuplements ont une proportion de sapin-épinettes entre 0% et 25%, donc moins vulnérables à la TBE. Il n’en demeure pas moins qu’une mortalité pourrait survenir pour les sapins et épinettes retrouvés dans ces peuplements.

• Environ 10% constitué de peuplements dont la récolte est relativement récente. Ces récoltes sont survenues au cours des 15 dernières années et de façon plus marquée lors des 6 dernières années. Maintenant ces surfaces sont soit en régénération naturelle, reboisées, ou dont le reboisement est à venir.


Suivi des pulvérisations contre la TBE en forêt privée au BSL


Depuis 2018, la SOPFIM déploie un programme de pulvérisation visant à protéger contre la TBE des peuplements résineux, vulnérables et non matures. Les superficies protégées ont été d’environ 10 700 hectares en 2018, 7 700 hectares en 2019 et 14 300 hectares en 2020. Parmi ces surfaces, certaines ont commencé à être pulvérisées seulement en 2019 ou en 2020. Aussi, les surfaces protégées ne sont pas systématiquement pulvérisées à chaque année dépendamment du niveau d’infestation. Au global, il y a 19 145 hectares qui ont bénéficié de protection depuis le printemps 2018. Sur le lien suivant, vous pouvez consulter une carte préparée par la SOPFIM laquelle montre les secteurs prévus en pulvérisation en 2020. https://sopfim.qc.ca/wp-content/uploads/2020/06/CarteProgPFPTbe2020_20x36_Comm_BSL.pdf


D’autre part, les peuplements doivent répondre à plusieurs critères pour être admissibles à la protection. À ce titre, les peuplements admissibles sont non matures, à dominance d’essences vulnérables (sapin épinette blanche et épinette de Norvège) et ont une superficie supérieure à 4 hectares. Aussi, en plus d’être affectés par la TBE, ils doivent avoir fait l’objet d’investissement sylvicole (principalement de l’éclaircie précommerciale ou commerciale ou encore d’origine de plantation) et être situés chez des propriétaires détenant un certificat de producteur forestier. Si des superficies de ce type se trouvent sur vos boisés et que vous n’avez pas encore signé le protocole d’entente de la SOPFIM concernant l’accès à la protection par pulvérisation, vous pouvez contacter votre Conseiller forestier à cet effet. Ce dernier est mandaté par la SOPFIM pour faire signer le protocole d’entente avec le propriétaire. Les protocoles signés d’ici la fin juin 2021 pourront donner accès aux pulvérisations du printemps 2022 dans la mesure où les critères d’admissibilité sont respectés et que la protection est jugée nécessaire. Étant donné les délais nécessaires à la planification des pulvérisations, les nouvelles ententes ne donnent pas accès aux pulvérisations du printemps 2021.


Conclusion


En terminant, concernant la récolte de vos peuplements affectés ou non par la TBE, nous vous suggérons fortement de vous référer à votre Conseiller forestier avant d’entreprendre des travaux de récolte sur votre propriété. D’après l’état de vos peuplements, votre Conseiller dispose d’un ensemble d’informations pour vous renseigner sur les choix à faire concernant les priorités de récolte sur votre propriété, ainsi que sur les diverses contraintes en lien avec les règlementations municipales.

Par ailleurs, nous poursuivons la collecte d’informations terrain sur les dommages occasionnés par la TBE dans les peuplements résineux non matures. Cela nous permet de constater l’évolution de la situation et d’ajuster, au besoin, les orientations en matière d’aménagement forestier et de récupération de bois sujets à perte.


Ces dernières années, la progression de l’épidémie de TBE et la volonté d’augmenter l’activité économique générée en forêt privée ont amené les partenaires régionaux à se concerter sur les actions permettant d’augmenter la récolte en forêt privée. Cette augmentation de la récolte amène une hausse des besoins de remise en production et, du même coup, des besoins budgétaires pour réaliser ces travaux. Le plan d’intervention TBE, mis à jour par l’Agence à l’hiver 2019, a permis d’étayer ces besoins et d’en informer l’ensemble des partenaires de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent. Ceux-ci poursuivent leurs efforts et leurs représentations afin d’obtenir des fonds permettant de remettre en production davantage de superficies affectées par la TBE.


Par Martin Lepage, ing.f. Directeur des services forestiers à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent.

(photos: SOPFIM)

La Direction de la protection des forêts du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) effectue annuellement un relevé aérien des dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Le relevé permet notamment d’évaluer l’étendue et l’intensité des dommages depuis le début de l’épidémie dans la région, en 2012. Le relevé permet aussi d’ajuster les stratégies d’aménagement et d’orienter les priorités de récolte des peuplements affectés.

20190618 105807


Progression des défoliations

Les superficies défoliées en 2019 en petite forêt privée ont légèrement diminué et elles demeurent sensiblement les mêmes par rapport à l’an dernier. Les superficies affectées s’élèvent à environ 337 800 hectares par rapport à 353 500 hectares en 2018.

Pour la petite forêt privée, le portrait est en amélioration puisque la majeure partie des défoliations sont légères. Les secteurs ayant connu une défoliation sévère ne représentent que 1% des surfaces affectées. Plus à l’est, en forêt publique et sur les grandes forêts privées de Dunière et du Faribault, les défoliations sont beaucoup plus sévères.

Progression des superficies (ha) affectées en petite forêt privée

Classe de défoliation

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

Légère

3 552

23 194

55 155

83 770 (25%)

200 291 (59%)

175 836 (45%)

117 948 (33%)

276 079 (82%)

Modérée

288

7 298

75 978

173 951 (52%)

98 477 (29%)

144 154 (37%)

144 154 (43%)

58 549 (17%)

Grave

6

403

33 369

73 782 (22%)

39 722 (12%)

70 470 (18%)

84 246 (24%)

3 163 (1%)

Total

3 846

30 895

164 502

331 502

338 490

390 460

353 468

337 792

Superficie forestière productive

712 001

712 001

712 001

712 001

712 001

712 001

712 001

712 001

Pour ceux qui désirent visionner la carte des défoliations observées, la SOPFIM diffuse l’information sur son site web à l’adresse suivante :

https://sopfimweb.sopfim.qc.ca/portail/apps/webappviewer/index.html?id=9bb7cff5c1c74441821f0f65d7af7681

D’autre part, on constate que le portrait de l’épidémie est complètement différent dans la moitié Ouest de la région par rapport à la moitié Est de la région. Le graphique suivant montre cette situation. Pour la partie Ouest (barres vertes dans le graphique), laquelle concerne les MRC de Kamouraska, Témiscouata, Rivière-du-Loup et des Basques, l’épidémie avait progressé rapidement en 2015 et avait augmenté plutôt légèrement en 2016 et en 2017. Depuis, les superficies défoliées ont diminué de moitié en 2018 et encore de moitié en 2019. Aussi, les défoliations constatées sont essentiellement légères. C’est donc dire que l’impact de l’épidémie dans ces secteurs est pour le moment généralement faible. Cette diminution de superficie affectée peut laisser penser que l’épidémie se résorbe dans cette portion de territoire. Cela n’est pas impossible, mais il est encore tôt pour conclure cela.

Pour la partie Est (barres grises dans le graphique), laquelle concerne les MRC de Rimouski-Neigette, Mitis, Matanie et Matapédia, l’épidémie a connu une progression très rapide entre 2012 et 2016 de sorte qu’une majeure partie de ce territoire a déjà fait l’objet de défoliations parfois sporadiques, mais souvent de façon répétée. Depuis 2015, c’est essentiellement les mêmes superficies qui sont affectées. Le niveau de défoliation annuelle a été variable dans le temps et dans l’espace. Cela fait en sorte que l’accumulation de dommages et l’état de santé des arbres le sont tout autant. Ainsi, une mortalité est observable depuis un certain temps dans les secteurs affectés sévèrement de façon récurrente, tandis que d’un ordre général, une majorité de peuplements n’est pas à risque à court terme (1-2 an) compte tenu de la variabilité dans la défoliation annuelle et particulièrement par le fait que les défoliations relevées en 2019 sont essentiellement légères ce qui laisse la chance aux arbres modérément affectés de reconstituer une partie de leur feuillage.

Comparaison des superficies défoliées entre l’Ouest et l’Est du Bas-Saint-Laurent

20190618 103035


Suivi des dommages causés par la TBE

Les superficies affectées par la TBE ont fait l’objet d’une analyse cartographique afin de dresser un portrait cumulatif des défoliations observées. On constate qu’environ 61% des superficies forestières (433 395 ha) ont déjà fait l’objet d’au moins une défoliation ce qui est à peine plus élevé par rapport à 2017 (429 114 ha). C’est donc dire qu’il n’y a pas vraiment de nouvelles surfaces affectées depuis les 2 dernières années.

L’accumulation de dommages est beaucoup moins grande cette année par rapport à l’an dernier puisque les défoliations ont été principalement légères. En conséquence, la superficie montrant des défoliations sévères sur plusieurs années n’a pratiquement pas progressé. Il n’en demeure pas moins qu’une importante surface (22 754 ha) est susceptible de présenter soit un début de mortalité ou une majorité d’arbres en situation de mortalité imminente (défoliation sévère sur 4 ans ou plus).

Par contre, les défoliations principalement légères observées cette année donnent, en quelque sorte, un répit aux arbres affectés. Ainsi, ceux ayant encore une bonne capacité de reprise ont même été en mesure de reconstituer une partie de leur feuillage. À l’opposé, les arbres en mortalité imminente n’ont pas cette capacité même si la présence de TBE est moindre.

Étant donné que le niveau de détail disponible par les relevés aériens demeure relativement grossier et afin de préciser la nature des surfaces détectées au relevé aérien pour mieux cibler les efforts de récolte ou de protection, nous avons analysé les surfaces affectées par la TBE en lien avec l’information des peuplements forestiers. La synthèse regroupe quatre catégories de peuplement :

  • Peuplement récolté ou situé en pente forte : Peuplements récoltés depuis 2005 ou peuplements très difficiles d’accès puisque situés en pente forte.
  • Résineux ou mixtes matures (50 ans et +) : Peuplements prêts pour la récolte avec un volume de résineux significatif.
  • Résineux et mixtes à résineux jeunes ou en régénération (10-30 ans) : Peuplements non matures constituant le potentiel futur de récolte en résineux.
  • Peuplements peu affectés (feuillus tout âge, mixtes à feuillus, cédrière) : Peuplements dont la composante résineuse de sapin ou épinette est considérée mineure.

Portrait cumulatif des défoliations observées selon le type de peuplement

Défoliations considérées

Superficie (ha)

Proportion par type de peuplement (%)

Peuplement récolté ou situé en pente forte

Résineux ou mixtes matures (50 ans +)

Résineux et mixtes à résineux jeunes ou en régénération (10-30 ans)

Peuplements peu affectés (feuillus tout âge, mixtes à feuillus, cédrière)

Défoliation sévère sur 5 ans ou plus

6 961

27%

32%

20%

22%

Défoliation sévère sur 4 ans ou plus

22 754

23%

31%

23%

23%

Défoliation sévère sur 3 ans ou plus

48 651

20%

31%

25%

24%

Défoliation sévère sur 2 ans ou plus

78 344

18%

31%

26%

25%

Au moins une défoliation depuis 2012

433 385

10%

31%

27%

33%

Sans défoliation

278 566

8%

20%

24%

49%

Superficie forestière totale

712 001

9%

26%

26%

39%


Peuplement récolt ou situé en pente forte

L’analyse indique que plus les dommages causés par la TBE sont sévères, plus la proportion de surfaces récoltées ou situées en pentes forte augmente.


Résineux ou mixtes matures (50 ans et +)

L’analyse indique qu’environ 31% des superficies affectées par la TBE correspondent à des peuplements matures ayant une proportion significative de résineux. Certains de ces peuplements sont déjà récoltés (très récemment) ou ciblés pour la récolte préventive. D’ailleurs, qu’ils soient actuellement affectés ou non par la TBE, les peuplements de cette catégorie devraient être davantage récoltés.


Résineux et mixtes à résineux jeunes ou en regénération (10-30 ans)

Les peuplements plus jeunes, résineux ou à dominance résineuse (d’origine de plantation ou naturelle), représentent 26 % de la forêt privée. Une partie de ces peuplements fait déjà, ou pourrait éventuellement faire, l’objet de protection par arrosage aérien. L’option de récolter un peuplement non mature ne doit survenir qu’en cas de mortalité imminente d’une bonne proportion des arbres. À cet effet, les Conseillers forestiers accrédités par l’Agence ont été informés, à l’automne 2017, des conditions justifiant la récolte d’un peuplement non mature. Cette orientation a pour but d’éviter les pertes de bois et aussi d’éviter de sacrifier le potentiel de récolte futur de la forêt privée. Elle s’appuie sur les risques de mortalité d’un peuplement à court et moyen terme en lien avec le niveau de dommages observés et la vigueur des arbres.

Pour le moment, le dispositif de suivi des dommages de la TBE établi par l’Agence en 2016 montre que les plantations sont moins affectées que les peuplements naturels. Nous constatons aussi que l’accumulation de dommages dans les peuplements jeunes est relativement faible, mis à part certains secteurs à dominance de sapin aux endroits où l’épidémie a été très sévère. Certains de ces secteurs affichent une proportion élevée de tiges en mortalité imminente ou étant déjà mortes.


Peuplements peu affectés (feuillus tout âge, mixtes à feuillus, cédrière)

Le reste des surfaces est composé de peuplements où la proportion de sapin-épinette est normalement très faible, donc moins vulnérables à la TBE. Il n’en demeure pas moins qu’une mortalité pourrait survenir pour les sapins et épinettes retrouvés dans ces peuplements. Ces peuplements sont moins présents dans les secteurs très affectés de l’est du territoire (+-24%), tandis qu’ils sont nettement plus présents (49%) dans l’ouest du territoire où la TBE est absente ou peu présente pour le moment.

20190618 102210


Conclusion

En terminant, concernant la récolte de vos peuplements affectés ou non par la TBE, nous vous suggérons fortement de vous référer à votre Conseiller forestier avant d’entreprendre des travaux de récolte sur votre propriété. D’après l’état de vos peuplements, votre Conseiller dispose d’un ensemble d’informations pour vous renseigner sur les choix à faire concernant les priorités de récolte sur votre propriété, ainsi que sur les diverses contraintes en lien avec les règlementations municipales.

Par ailleurs, ces dernières années, la progression de l’épidémie de TBE et la volonté d’augmenter l’activité économique générée en forêt privée ont amené les partenaires régionaux à se concerter sur les actions permettant d’augmenter la récolte en forêt privée. Cette démarche s’est réalisée à priori dans une conjoncture économique en amélioration, laquelle s’est stabilisée depuis, mais qui demeure somme toute fragile. Cette augmentation de la récolte amène une hausse des besoins de remise en production et, du même coup, des besoins budgétaires pour réaliser ces travaux. Le plan d’intervention TBE, mis à jour par l’Agence à l’hiver 2019, a permis d’étayer ces besoins et d’en informer l’ensemble des partenaires de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent. Ceux-ci poursuivent leurs efforts et leurs représentations afin d’obtenir des fonds permettant de remettre en production davantage de superficies affectées par la TBE.


Par Martin Lepage, ing.f. Directeur des services forestiers à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent.