Questionnement face aux budgets de mise en valeur

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Rimouski, 14 février 2011 – À quelques semaines du dépôt du budget par le Ministre des Finances M. Raymond Bachand, les propriétaires forestiers de l’est du Québec se disent inquiets des sommes qui seront affectées à la mise en valeur de leurs forêts. Les Syndicats de producteurs de bois et les organismes de gestion en commun du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie craignent en effet que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune applique des coupures drastiques aux budgets affectés à la mise en valeur des forêts privées.

C’est dans ce contexte d’inquiétude que les organisations des propriétaires demandent à la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Mme Nathalie Normandeau, que soient maintenues les enveloppes propres aux régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.  

Les producteurs forestiers estiment en effet crucial le renouvellement du financement spécifique qui s’ajoute aux budgets réguliers de 7,4 M$ pour le Bas-Saint-Laurent et de 1,95 M$ pour la Gaspésie, c’est-à-dire : –        le Programme de création d’emplois totalisant plus de 6 M$ pour le Bas-Saint-Laurent et 6,46 M$ pour la Gaspésie;  –        le Programme d’investissement sylvicole totalisant 1,95 M$ au Bas-Saint-Laurent et 0,46 M$ en Gaspésie.  S’appuyant sur l’importance névralgique que revêt la forêt privée à l’échelle de la région mais aussi sur les pertes encaissées depuis le début de la crise forestière, les producteurs forestiers estiment que leur demande est plus que réaliste. « Elle est plutôt minimale », selon le président de la Fédération des organismes de gestion en commun du Bas-Saint-Laurent, M. Pierre Sirois, qui juge la situation inquiétante à plusieurs égards, dont celui du sort de ceux et celles qui travaillent en forêt privée. « En ces temps où l’on parle de valoriser l’emploi forestier à travers le nouveau régime, les travailleurs chez nous n’entendent qu’un message : celui qu’il serait préférable de chercher du travail ailleurs qu’en forêt ». Le président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, M. Daniel Boucher, rappelle que depuis 5 ans, les producteurs ont vu leurs revenus fondre de près de 70 % entre 2005 et 2009, ce qui représente un manque à gagner de 45 M$. « Ils ont besoin plus que jamais du Programme de mise en valeur pour garder la tête hors de l’eau. Les producteurs font face à une diminution importante de l’accès aux marchés et à des baisses de prix majeures. Tout ça affecte leurrevenu familial et toute l’économie des collectivités forestières», estime M. Boucher. Alors qu’une étude du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire dévoilait en 2006 que 46 % des municipalités dévitalisées sont situées au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, le président du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie, M. Berthold Gagné, croit que rien ne justifierait une diminution de l’aide à la mise en valeur des forêts privées : « Alors qu’on parle d’occuper le territoire, il faut au moins conserver nos acquis. Les producteurs en arrachent beaucoup depuis 5 ans alors une baisse des budgets, c’est la mort certaine d’entreprises de chez nous. Il me semble que c’est assez évident ». Au cours des prochains jours, plusieurs intervenants seront invités à appuyer les producteurs dans leurs demandes, dont le monde municipal et les entrepreneurs concernés par l’industrie de l’aménagement forestier. 

Sources :     Yves Bell, ing.f. Directeur général Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Lauren 418 723-2424               

Alain Marcoux, ing.f.  Directeur général Fédération des organismes de gestion en commun BSL 418 798-8851

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